Yuki
Schtroumpf Grognon
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Message du 14-06-2003 @ 20:25
L'histoire des consoles nouvelle génération : Cinquième Tome
EDITO : L'histoire de la Nintendo 64 a quelque chose de remarquable et d'unique. Dernière console de salon avec cartouche, elle marque la fin de la suprématie des consoles Nintendo sur un marché dur et impitoyable. Mais contrairement à ce que beaucoup peuvent penser : la N64 n'a pas vidé (dans tous les sens du terme) notre cher petit Mario, vous allez voir pourquoi ...
L'histoire de la Nintendo 64 : entre échec et réussite ...
En 1994, les consoles nouvelles générations 32 Bits sont mises sur le marché avec tout d'abord la Saturn de Sega puis la Playstation de Sony. Nintendo, fort de son implantation avec la Super Nintendo, met un peu de temps à mettre en projet une nouvelle console elle-aussi. Contrairement à ses concurrents (déjà passé au CD-Rom), Nintendo continuera à utiliser un support cartouche d'une capacité maximale de 100 Mo, la firme se justifie en mettant en avant la rapidité des cartouches (les temps de chargement sont pratiquement nuls) et le coà»t de fabrication élevé des lecteurs de CD-Rom (la Playstation est annoncée à 500$). Ce choix étonnant n'est pas du goà»t des développeurs : ils sont en effet obligés de développer des jeux aussi bons que sur Playstation dans un un espace 6 fois moins important.
Meilleure console de tous les temps pour les uns, plantage mémorable pour les autres, la Nintendo 64 a déchaà®né (et déchaà®ne toujours) les passions. 1993, la Super Nintendo est au meilleur de sa forme et se vend comme des petits pains. Nintendo ne se repose pas pour autant sur ses lauriers et le 23 aoà»t 1993, annonce son partenariat avec SGI (Silicon Graphic Industry) en vue de développer une vraie console 64 bits sautant ainsi une étape puisque ses concurrentes annoncées (à savoir la Playstation de Sony et la Saturn de Sega) sont des 32 bits. Son nom : Project Reality. La console, annoncée à un prix très agressif de 250$ et prévue pour fin 1995 devrait laisser toutes les autres consoles sur le carreau, tant sur le plan des jeux que sur le plan technique. Nous sommes alors à l'époque o๠la 3D commence à se généraliser dans les salles d'arcade et un peu partout ailleurs. Le but ultime avoué par Nintendo est donc d'offrir une console de salon offrant des jeux comparables à ceux d'une borne d'arcade.
Fin 1994, au CES d'hiver, les premières spécifications techniques tombent : la console, rebaptisée Ultra 64 pour l'occasion, intégrera un processeur RISC R4300i cadencé à 93,75 MHz et sera dotée de 4 Mo de Ram. La partie graphique sera assurée par le Reality Immersion Processor fonctionnant lui à 62,5 MHz, capable d'afficher des résolutions de 640x480, 320x240, 256x224 le tout en 2 millions de couleurs, de gérer 150000 polygones à la seconde et de supporter des effets graphiques tels que le trilinear mip-mapping, l'antialiasing, le Gouraud shading ou encore l'environment mapping. La puce sonore pourra restituer un son de qualité CD. Il apparaà®t alors que le hardware de la console n'est pas si impressionnant que ça, en tout cas pas au point de faire passer les Playstation et autres Saturn pour des antiquités (à titre indicatif, la Plystation est capable d'afficher 300000 polygones à la seconde). Les critiques du monde professionnel commencent à affluer ; néanmoins, et c'est l'essentiel, Nintendo garde toute la confiance du grand public.
Malgré les annonces rassurantes sur la ludothèque de la future console durant ce salon, les développeurs ne se pressent toujours pas à la porte de Nintendo. Devant ce manque cruel de jeux, Nintendo se résout, quelques jours avant l'E3 1995, à repousser la sortie de la console à novembre 1995 pour le Japon et avril 1996 pour l'Europe et les USA. Sony profite de cette période pour annoncer la sortie US de la Playstation à 300$, un prix inférieur aux prévisions. Sega ne tarde pas à réagir en annonçant également le lancement de la Saturn aux USA. Après cette nouvelle fausse note, Nintendo présente la manette de l'Ultra 64 en aoà»t 1995. Plus grosse mais aussi plus ergonomique que les autres manettes, celle-ci rehausse sensiblement l'image ternie de l'Ultra 64. C'est en effet une des premières fois o๠tant de soin est apporté à une manette : la manette de la Playstation, qui ne dispose pas encore de ses deux sticks analogiques fait pâle figure.
Finalement, après encore deux reports, la nouvelle console de Nintendo sort dans les magasins japonais le 23 juin 1996 sous le nom de Nintendo 64. Contrairement aux prévisions, la console fait un carton en se vendant à 300000 exemplaires dès le premier jour. Ce succès est à mettre à l'actif de la mascotte de la marque : le plombier moustachu de retour dans Super Mario 64. Entièrement en 3D, le jeu révolutionne le genre du jeu de plate-forme. Il a probablement sauvé la Nintendo 64 : lors de sa sortie celle-ci ne proposait en effet que trois jeux. Fort de ce succès, Nintendo décide de sortir sa console le 30 septembre 1996 en Europe et aux USA à un prix de 199$. Là aussi, les 500000 unités expédiées se vendent très vite.
En définitive, malgré l'impériale domination de la Playstation, la Nintendo 64 aura remporté un joli succès (quand même 30 millions d'unités vendues) et a surtout au passage renfloué les caisses de Nintendo. Et oui aussi étrange que cela puisses paraitre, Nintendo en ne sortant que quelques jeux s'est assurés ses propres ventes auprès des joueurs en manque. Car la plupart des hits et des meilleurs ventes N64 sont des jeux Nintendo. De plus, Royalties aidant, un hit non Nintendo faisait quand même gagner pas mal de brouzoufs au père Mario.
Le seul véritable problème pour les joueurs aura toujours été le même : un manque cruel de jeux (300 contre 800 pour la Playstation).
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